Du 20 janvier au 06 février 2006Faune et flore du nord Bénin, parc national de la Pendjari.
Rappel de l’objectif :
Prise de vue des espèces animales rencontrées dans le parc de la Pendjari.
Est constitué un binôme de photographe pour cette mission.
Accueil à l’aéroport de Ouagadougou (Burkina Faso) par le chauffeur guide Rasack, qui nous assistera durant la mission, mandaté par Aristide Téhou du Laboratoire d’écologie Appliqué.
Aristide a eu un accident de la route et ne pourra nous accueillir et gérer directement le déroulement de notre action.
Le lendemain de notre arrivée à Tanguièta nous sommes conduit au centre du CENAGREF, afin de recevoir les détails de notre mission. Nous prenons connaissance des objectifs pour les photographes, le groupe environnement et les moyens mis à notre disposition.
Les objectifs de prises de vues sont très vagues, rien de précis, le bénéficiaire n’a pas vraiment idée des besoins d’un photographe animalier et n’imagine pas les contraintes liées à cette activité. Nous n’avons donc aucun thème préférentiel ; prise de vu au hasard des rencontres.
Ce n’est pas si simple, il est nécessaire de repérer et d’approcher les animaux, suffisamment près, pour pouvoir faire des clichés intéressants. Cela demande beaucoup de temps, de patience et être sur un terrain propice à la rencontre de la faune à des horaires de début de matinée et fin de soirée, périodes où les animaux sont les plus actifs et la lumière la plus belle enveloppant les sujets et dévoilant ainsi leurs volumes.
Le matériel photographique nécessaire à la photographie animalière est assez imposant. Nous avons besoin de place pour pouvoir nous mouvoir dans le véhicule et stabiliser nos objectifs poser sur un « bean bag » (sac rempli de haricots sec ou autres graines) et avoir à porter de main un matériel de secours équipé de focal différente pour être prêt à toute éventualité.
Nous avons un seul véhicule à disposition pour le groupe environnement (3 personnes) et le binôme de photographe. Je suis des plus contrarié, d’autant plus que les objectifs des deux groupes ne sont pas compatibles. Le groupe environnement doit établir un relevé de distances de fuites des animaux rencontrer suivant un protocole, que nous découvrirons plus tard, nous entraîne dans des secteurs peu fréquenter par la faune, voir des zones de chasses où les animaux disparaissent à une approche de 200 mètres voir plus. Vous imaginez que dans ces conditions, difficiles de saisir cette belle faune Africaine.
Là, où nous devrions parcourir un maximum de distance pour multiplier les chances de rencontre nous stoppons face à des animaux, hors de porter de nos objectifs (500 mm, ce n’est pas rien), pour identifier, localiser et mesurer la distance de fuite de l’animal à notre présence. J’avais vraiment l’impression de perdre mon temps, je n’étais pas ici pour ce genre d’exercice, quel gâchis. Et quand, par bonheur, nous avions la chance de situation intéressante nous ne pouvions prendre le temps nécessaire à notre travail, nous gênions nos co-voituriers, impatient de reprendre la piste.
Malgré la manifestation de notre mécontentement, nous n’avons pu obtenir un véhicule dédié aux photographes, faute de moyen du bénéficiaire ou ... La première semaine se déroula dans l’insatisfaction générale, le groupe environnement, n’étant pas plus satisfait. Une impression de manque d’intérêt de nos actions de la part du bénéficiaire. Un ensemble de petite chose assez désagréable qui nous pousse à penser « être des vaches à lait », alors que nous avions tous la volonté de donner de nos personnes dans un engagement généreux.
La mission photo a pu se dérouler dans de meilleures conditions la deuxième semaine. Nous avions à notre disposition le véhicule, deux personnes du groupe environnement étant indisposées pour des problèmes de santé. C’est durant cette deuxième partie de la mission que nous avons été plus efficace. La circulation dans le parc dans des plages horaires mieux adapté à la prise de vue a permis les meilleurs clichés.
Voilà pour les conditions de travail, l’accueil a été cordial et sympathique de la part des personnes nous assistant. De ce point de vu, c’était plutôt positif.
Nous avons eu l’occasion de faire du pistage avec pour guide Congo, ex-braconnier reconverti à un poste de pisteur pour le compte du LEA et CENEGREF, suite à plusieurs arrestations.
Congo est dans son milieu, il est capable d’interpréter toutes empreintes laissées dans la poussière épaisse, déposée au sol.
Au repérage d’un buffle nous descendons de voiture armer de notre matériel photographique, pour ma part un boîtier équiper d’un 500 mm montées sur un mono pied, l’ensemble d’un poids de 7Kg posé à l’épaule, nous voilà parcourant la brousse précédé de Congo. Le buffle solitaire est à un centaine de mètre, il est à vu dans le busch entre les arbustes. Congo d’un coup de pied soulève la poussière qui est emporté par le vent, nous indiquant la direction de son souffle. Le buffle ne possède pas une vue des plus performantes, à moins de trente mètre il ne bouge pas, tant qu’il ne nous a pas flairé. Nous progressons à contre vent et tentons d’approcher l’animal afin d’avoir un meilleur point de vu et faire des images plein cadre. Le buffle lève le museau et renifle, à notre détection il fuit dans une course rapide et nous laisse sur place pour s’arrêter cinquante mètres plus loin… Après plusieurs tentatives d’approche, nous abandonnons.
Nous avons pu, et là c’est vraiment des souvenirs superbes, tenter d’approcher à pied des lions, éléphant ou autres animaux à travers la brousse, la faune pouvant être surprise ou nous surprendre. Les graminées dressées à un mètre cinquante, nous obligent à une course sinusoïdale guidée par de rare éclaircie dans la végétation qui secouée laisse s’envoler une poussière qui irrite les narines.
Les conditions idéales de travail auraient été de disposer de spécialiste par catégories :
- flore et écosystème terrestres
- mammifères
- oiseaux
- reptiles et amphibiens
- insectes
Ce qui nous aurai permis de faire des recherches d’espèces spécifiques dans leurs territoires de prédilection, connues des chercheurs ou doctorant, et dont l’intérêt de prise de vu est certain.
Il aurait été plus judicieux de définir un protocole de prise de vu par espèces, par biotope, afin de donner une orientation plus précise aux missions photos ; que celle-ci soit plus efficace et laisse un sentiment, pour le moins, satisfaisant aux volontaires d’un travail utile.
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